Le Ranquet en Vadrouille...Carnet de route.

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Pérou 9, Trek de trois jours dans le cañon de Colca.

Pérou 9, Trek de trois jours dans le cañon de Colca.

 

 

 

 

En 1956 le Parc des Canyons (USA) accueillait 30 000 visiteurs par an. Aujourd’hui  Arch Canyon attire entre 900 000 et un million de touristes chaque année… Loin derrière le Grand Canyon qui  draine environ 5 millions de visiteurs annuellement !

 

 

 

Dans le cañon de Colca, plus encaissé que le Grand Canyon Américain, c’est beaucoup plus calme !

 

  

 Pour faire taire les controverses, Il a été à nouveau mesuré l’année passée.

 

 

Son cousin et voisin, le cañon de Cotahuasi, avec ses 3535 mètres de crevasses béantes  lui disputait le podium.

 

 

 

« Colca », un  vertigineux goulet,  le plus profond du monde !... Parait-il !

 

 

 

 

En fait, on  ne sait  plus très bien qui a tort ou raison.

 

 

 

 

 

 

 

Peu importe les mètres en plus ou en moins ! Car, bien à l’écart de ces calculs complexes, son envergure tient davantage à  sa beauté profonde, à son profil dramatiquement sauvage et à son caractère indomptable.

 

 

 

 Descendant des Andes  péruviennes   et courant sur 374 km,  la rivière Colca  creuse une vallée dominée par de magnifiques cultures en terrasses avant  d’éventrer  sans pitié une  montagne  qui  met au monde le prodigieux cañon.

 

 

 

 

 

 

 

 

Trois jours de marche, un peu plus de cinquante kilomètres parcourues dans un gigantesque décor entre 2500 et 3500m d’altitude, de quoi s’étourdir  sur les flancs des parois brulantes d’un massif montagneux  qui  libère le vol majestueux des condors.

 

 

 

Nous quittons Arequipa à trois heure trente, le minibus enferme une quinzaine de candidats à moitié endormis, mais décidés  à affronter les belles  pentes du cañon.

 

 

 

La route sera  longue pour atteindre le village de Canabaconde, point de départ du trek.

 

(Altitude 3300 m)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vers 8 heures, nous marquons l’arrêt à l’incontournable Cruz del condor, (3800 m), mirador  où s’agglutinent les touristes équipés d’appareils photos afin de saisir le vol fascinant des rapaces planant dans les courants ascendants  du défilé.

 

 

 

 

Vol magistral et mise en scène scrupuleuse…

 

 

Chaque matin, avant que les bus ne déboulent, armés de seaux remplis de barbaque, des Péruviens de service alimentent quelques promontoires invisibles aux yeux des visiteurs.

 

 

 

La bidoche distribuée, les condors rappliquent, les amateurs de photos aussi !

 

 

 

 

 

 

 

Cabanaconde : sur les hauteurs  du cañon, 9h30.

 

 

 Le soleil décoche déjà  de puissants rayons.

 

Sous un ciel pur, nous entamons la descente vers la Colca : long dénivelé négatif, sentier superbe, genoux sollicités !

 

 

Nous avons fait le choix d’un guide (Pas forcément nécessaire mais  nous ne le regretterons pas !),  et avons opté pour la version longue du trek :

 

3 jours sans descendre dans l’ « oasis » qui  aimantent le gros de la troupe des marcheurs  évoluant sur 2 jours.

 

 

 

Avec un jeune couple Autrichien, Veronica et Mathias, nous partageons les conseils de Gammy, notre accompagnateur Mexicain installé à Arequipa depuis quelques années.

 

 

 

Durant ces trois jours, cheminant un parcours différencié, traversant les villages Andins, nous croiserons quelques rares randonneurs.

 

 

Loin de la foule, à une période  de moindre affluence, arpenter le cañon de Colca devient un véritable régal!

 

Exigeant.

 

 

 

Passage de la rivière, chaleur tropicale,  remontée vers les baraques de Llahuar (2020 m), ce n’est pas un village, simplement un nid d’aigle perché au-dessus des flots de la  Colca :

 

 

 

Hébergement sommaire, cabanes en bambou sous toit de paille, eaux  chaudes thermales naturelles en bordure du torrent.

 

 

Au menu du soir, solide soupe au quinoa, truites  capturées au filet dans la rivière.

 

 

Entre 5 et 6 heures de marche au gré de la forme pour cette première journée.

 

 

Nuit sous les étoiles.

 

 

 

 

 

 

 

Petit déjeuner copieux et départ  à  6h30 à la fraiche pour rallier San Juan de Chucchuo (2300 m).

 

 

 

 Mathias n’est pas trop en forme,  son estomac lui joue des tours,  il rote comme un gros buveur de bière !

 

L’Autrichien a passé  une nuit moyenne et de plus il porte lourd, trop lourd !

 

 

 

(Nous avons laissé  en garde à l’hôtel à Arequipa, nos gros sacs et marchons, petit sac sur le dos avec le minimum de fringues)

 

 

Après 6 heures d’une allure modérée sous un soleil éclairant de merveilleux paysages changeants, le cañon se dévoile toujours un peu plus.

 

 

Passage des villages de Malata et Cosñiruha (2700 m).

 

Veronica cavale bien… Marie,  à son rythme, suit à distance.

 

 

 

Mathias  s’éponge régulièrement,  Gammy encadre méthodiquement le petit groupe et nous révèle quelques  sentiers peu empruntés.

 

 

 

Arrivée au gîte vers 12h30.

 

 

 

 

 

 

Au programme de l’après-midi, sieste puis ascension du mirador de Tapay (3000m) :

 

Marie et Mathias restent au repos, j’accompagne Veronica sur l’antenne de Tapay, le cañon de Colca se découvre alors au soleil couchant sous un autre angle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

8h de marche au compteur pour cette deuxième journée.

 

 

Ce soir nous logerons dans une famille paysanne, chambre basique sans électricité mais avec un filet d’eau chaude pour la douche.

 

 

 

Diner à la bougie, excellent  frichti pour montagnard !

 

 

Nuit sous les étoiles…Déjà dit, mais extraordinaire répétition d’une voie lactée sans aucune lumière parasite, superbe !

 

 

 

Troisième jour :

 

Pas de petit déjeuner (c’est prévu), la famille d’accueil dort quand nous nous levons à 4heures, maté de feuilles de coca et bananes, réserve d’eau dans les sacs.

 

 

Lumières blanches des lampes frontales, air vif et froid qui murmure dans le dédale du cañon, franchissement de la rivière à 4h30, et début de l’ascension des rudes parois de cette balafre géante qui entaille la montagne à la serpe.

 

 

 

Lever du soleil bleuté, dans le fond de la vallée San Juan devient minuscule.

 

 

 

 

 

 

 

 

Quelques andins lourdement chargés descendent agilement  la montagne en nous saluant.

 

Souvent les mules suivent, se garer côté parois et pas l’inverse !

 

 

Le sentier caillouteux devient clair, le jour se lève, nous  plions les polaires, bientôt la chaleur intense fera son retour.

 


 

Trois bonnes heures d’élévation et  1200 mètres de dénivelé positif plus tard et nous abordons le plateau surplombant l’impressionnante dépression  déchiquetée  par le temps et la brutalité des forces  naturelles  des Andes. (Montée difficile)

 

 

 

Nous profitons de la magie de ce spectacle, quelques condors  planent sous nos yeux.

 

 

Mathias regrette de n’avoir pas "alourdi " son sac de jumelles, c’est vrai qu’un rapproché sur ces géants des massifs vale la pena !

 

 

l’Autrichien semble aller un peu mieux, mais la dernière heure de marche menant au village de Cabanaconde , annonçant le retour à l’écurie, sera pesante pour le transalpin. (altitude 3300)

 

 

 

 

 

 

 

 

Veronica est en pleine forme, Marie aura bouclé ces trois jours de trek prudemment sans jamais se mettre dans le « rouge ».

 

 

 

Nous partagerons avec satisfaction un petit déjeuner au village avant de grimper dans un minibus nous ramenant  à Arequipa.

 

 

Derrière les vitres du Toyota, la puissante montagne s’efface lentement.

 

 

Le ronronnement du moteur nous endort.

 

 

 

 

 

 

 

Recommandations :

 

 

 Plusieurs options sont possibles pour effectuer des randos dans le cañon de Colca.

 

 

La plus vendue  est  le trek de 2 jours incluant une nuitée  dans le village dénommé « l’oasis » qui offre hôtels et piscines :

 

Souvent décevant car très fréquenté .

 

 

Courtes randonnées, groupes pouvant atteindre 20 à 25 personnes, descente et remontée du cañon en procession.

 

 

 

 

 

 

 

Avec ou sans guide ?  C’est au choix…

 

 

 

Il est possible d’effectuer les parcours en indépendant, mais certaines portions de sentiers ne sont pas toujours bien balisées.

 

 

L’idéal étant de repérer un guide accompagnant un petit groupe et de suivre à distance.

 

 

Les sentiers ne sont pas dangereux mais imposent la prudence dans quelques passages escarpés.

 

 

Dans tous les cas se munir d’une  carte, se renseigner auprès des paysans (ça peut être sport, beaucoup ne parlent que Quechua), prévoir l’eau en quantité suffisante, tous les villages ne garantissent pas un approvisionnement possible. Poncho dans le sac si météo incertaine.

 

 

 

 

En cas d’incident, coup de chaud, entorse par exemple, le guide saura où aller récupérer une mule.

 

 

il n’y a pas de voiture dans le cañon ! Le guide  dispose d’un cellulaire et reste en relation avec l’agence :

 

En dehors des villages traversés, plusieurs endroits sur le parcours  offrent un accès au réseau si nécessaire.

 

 

 

 

La version longue est exigeante mais splendide !

 

Les bonnes agences  constituent des groupes de  5 à 6 marcheurs, pas plus. Nous étions 4, franchement parfait !

 

 

 

Une antenne est envisageable  vers les cascades de Fure.

 

ça rallonge la sauce, attention le  village est abandonné depuis 2 ans, prévoir le repli sur le nouveau village de Nuevo Belen.

 

 

 

Ne pas se charger inutilement, un sac trop lourd deviendra très vite une véritable galère !

 

 

Privilégier les achats d’encas et de boissons dans les villages disposant de tiendas, c’est un peu plus onéreux qu’à Cabanaconde, mais le geste est apprécié par la population locale qui se fera un plaisir de vous guider en cas de besoin.

 

 

 

L’hébergement est possible chez l’habitant.

 

 

Prendre le temps de l’adaptation à l’altitude.

 

Eviter de débarquer de l’avion et d’entamer sans transition le « Colca », ça peut jouer des mauvais tours !

 

 

 

Les altitudes ne sont pas très élevées mais la chaleur de la journée conjuguée à l'effort  peuvent générer des  petits soucis.

 

 

Pour ceux venant de Bolivie, en principe pas d'inconvénient majeur.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



03/04/2016
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