Le Ranquet en Vadrouille...Carnet de route.

Le Ranquet en Vadrouille...Carnet de route.

8, Argentine, Colon entre Rios.

8, Argentine, Colon Entre Rios.

 

 

 

 

 

 

 

C’est une province qui porte bien son nom : « Entre Rios ».

 

 

En France nous avons « l’Entre- deux- mers »,  et ici dans ce Nord-Est argentin qui côtoie l’Uruguay, c’est l’« entre-fleuve », une région de pampa herbeuse griffée de multiples rivières, morcelée par des lagunes et marécages.

 

 

 

 

 

 

Une plaine fertile, un immense espace dédié à la culture et à l’élevage.

 

 

 

 

 

 

Deux grands fleuves bornent ses limites, el rio Paraná à l’Ouest et el rio Uruguay à l’Est qui marque aussi la frontière entre les deux pays.

 

 

 

 

 

 

 

Nous quittons Rosario en traversant cette pampa et poursuivons notre route vers le Nord pour rejoindre le petit port fluvial de Colon entre Rios.

 

 

 

De la vitre du bus, à l’étage, les images qui défilent nous donnent l’impression de flotter sur cet océan vert.

 

 

La route traverse une argentine rurale qui ne semble pas respirer totalement la santé :

 

 

 Bâtiments agricoles vieillissant, poulaillers brinquebalants, habitations modestes, seules les installations des coopératives agricoles et leurs silos en bon état témoignent d’un choix de développement d’agriculture industrielle.

 

 

 

 

 

 

 

Chemin de fer abandonné, voies désaffectées.

 

 

 

 

 

 

 

Le Bon Dieu nous accompagne sur ce trajet :

 

Insensible aux troupeaux de bovins qui pâturent de chaque côté de la route, le miséricordieux parfois nous abandonne et sombre dans un profond coma:

 

 

 

 

 

 

La voilà donc cette belle image de la viande Argentine produite à l’herbe dans ces immenses prairies.

 

Du naturel, un élevage comme autrefois qui laisse le temps au veau de devenir bœuf bien gros et gras et qui produira une viande goûteuse et sincère. Le top quoi !

 

 

 

 

 

 

Mais depuis plusieurs années, le mythe est écorné.

 

Si le naissage des bovins se déroule toujours sur ces vastes zones de pâturage, le gaucho sur sa monture a laissé place à la modernité qu’exige rentabilité et productivité.

 

 

 

Les feedlot, ces kilomètres d’auges en béton complètent le décor bucolique.

 

 

 

 

 

 

 Ce fameux bœuf réputé 100% à l’herbe, termine son parcours dans de vastes parcs d’engraissement avec distribution à volonté de maïs et soja.

 

 

 

 

 

 

En l’espace de vingt ans, l’Argentine a perdu 15 millions d’hectares de prairie au profit des cultures céréalières.

 

Des exceptions demeurent :

 

 

Sur les îles du fleuve Paraná, inondables donc non mécanisables, les bouvillons lourds, jusqu’à 550 Kg de poids vif, sont portés jusqu’à leur poids d’abattage uniquement avec de l’herbe. 

 

 

 

Avis aux amateurs de barbeuc, exigez dans l’assiette une côte de bœuf des îles du Paraná ! C’est pas gagné.

 

 

 

Nous approchons Colon entre Rios, petite ville fluviale qui a vu débarquer ses premiers colons venus du Valais Suisse, de Savoie et du Piémont italien.

 

 

 

 

 

 

 

 

Ici, c’est le rio Uruguay qui nourrit le charme de Colon, une destination prisée des vacanciers Argentins à la recherche de tranquillité qu’offrent les plages et les îles du fleuve.

 

 

 

 

 

 

On doit être hors saison.

 

 À part les deux rues principales, charnières commerçantes d’un plan en damier de la cité, la ville semble être morte. Impression étrange d’être les deux seuls touristes dans le coin !

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous avons loué chez Maria, à quelques encablures du fleuve, un studio simple où je peux cuisiner. Un détail qui prend tout son importance, lorsque Colon se rétrécit sous de violents orages tropicaux qui ne laissent aucune chance d’espérer mettre le nez dehors ! Et ça dure !

 

 

On comprend mieux pourquoi l’herbe est si verte dans cette pampa.

 

Un temps donc pour la lecture.

 

 

 

 Au cœur de la ville, de nombreuses offres de location, chambres ou petits studios aux volets baissés et plus surprenant, beaucoup de pancartes « se vende » semblent traduire la difficile réalité économique du pays, mais aussi nous dit Maria, la possibilité de vendre à un bon prix un logement de vacances aux plus fortunés de la capitale.

 

 

 

 

 

 

 

 

Au fil de l’eau, une flânerie sur la costanera à la rencontre des vieux hôtels et bistrots au parfum « début de siècle », nous transporte facilement dans cette autre Argentine, ce pays de colons et de bâtisseurs qui vit encore de ses souvenirs.

 

 

 

 

 

 

 

Au lendemain des élections qui a vu Fernandez, candidat Péroniste, remporter au premier tour de scrutin, la présidence, le soleil est revenu.

 

 

 

 

 

 

Un espoir peut-être, mais beaucoup de scepticisme sur l’avenir.

 

De nombreux Argentins sont désabusés de la politique, la seule croissance visible c’est malheureusement la précarité et la pauvreté.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



29/10/2019
3 Poster un commentaire

A découvrir aussi