Le Ranquet en Vadrouille...Carnet de route.

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23, Argentine, Neuquèn, une étape improbable.

23, Neuquèn, une étape improbable.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« On ne s’arrête pas à Neuquèn…hein ? y’a rien à faire ? »

 

« …filer jusqu’à Bariloche ça va faire long ! non ?»

 

 

« Bon, alors on se pose une journée à Neuquèn ? ...Et demain matin à la sortie du bus on trouve un truc pour passer la nuit ? »

 

 

« Oui c’est aussi bien ! »

 

 

 

Une nuit dans le bus, de Mendoza à Neuquèn, pour atteindre la ville la plus importante de la Patagonie naissante.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Au nord de la Patagonie ou au sud du nord de l’Argentine, c’est un peu ça, non ?

 

 

 

 

L’entrée en « terre Australe », là où le rio Negro marque cette limite qui fait que la Patagonie devient un autre monde, une légende peut -être, un mythe certainement, une terre de pionniers…

 

 

 

Enfin il y a longtemps !

 

 

 

Toute la nuit, boussole orientée vers le sud, sur un asphalte un peu chaotique, le bus traverse une steppe rase, nous en avons vu peu de chose, nous dormions.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Au petit matin Neuquèn se profile et nous découvrons une ville résolument moderne :

 

 

 Buildings sans charme dans un centre-ville ordonné, chaleur écrasante plombant le trafic dense d’une cité quadrillée de larges avenues.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il nous faut trouver une auberge où poser nos sacs, et peint sur le mur, comme une invitation, on nous dit qu’ici c’est comme à la maison, alors porqué no ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les histoires qui marquent commencent souvent ainsi, là où on ne s’attend à rien :

 

 

Tout d’abord, c’est faire une halte où les touristes sont (très) rares car franchement il n’y a guère d’intérêt à musarder à Neuquèn, mais enfiler le trajet depuis Mendoza jusqu’à Bariloche nous a semblé trop lourd.

 

 

 

 

Nous avons débarqué dans cette pension de famille vers 8 h du matin.

 

 

 

 

On peut nous héberger, mais il faudra patienter nous dit-on, car la chambre n’est pas prête, et d’entrée de jeu on nous invite, en attendant, à prendre un solide petit déjeuner à la table familiale.

 

 

 

 

Au premier abord, l’hospedaje fait un peu bordélique, c’est tout à fait inhabituel en Argentine car les hébergements sont généralement impeccables.

 

 

 

 

 Quelques pots de peintures semblent être oubliés dans le jardin, des tables et des chaises plastiques s’empilent en mode fête foraine, des lits superposés sommeillent dans la cour.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On ne sait pas très bien qui gère la boutique mais ça n’a guère d’importance car l’accueil est pour le moins chaleureux.

 

 

 

 

Autour de la table, Alfredo, ancien vendeur de piscines, vient de se faire opérer du cœur et « ça va bien ! ».

 

il connaît la France et sait placer la Bretagne sur la carte.

 

 

Marcello, aussi, à des amis « en Francia » ;

 

 

 J’ai du mal à capter son espagnol, ce n’est pas grave, il semble faire les questions et les réponses.

 

 

 Et puis il y a la petite Emma, trois ans à peine, qui virevolte de la cuisine au jardin…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Maria, la maman d’Emma, assure l’équilibre de la maison et veille à ce que chacun trouve son compte dans ce qui ressemble à une sympathique auberge espagnole.

 

 

 

 

L’histoire pourrait être banale mais elle ne l’est pas :

 

 

Dortoirs et modestes chambres individuelles abritent des « réfugiés » Vénézuéliens, ils ont quitté un pays exsangue pour une Argentine en crise.

 

 

 

 

Maria et sa fille sont de la banlieue de Caracas et tentent de construire un avenir « mejor » dans une Argentine qui leur accorde très vite une autorisation de travail pour des emplois précaires et sous-payés.

 

 

 

 

 

Nous n’aurons pas le cœur ni l’audace, pour deviner, derrière le sourire permanent de Maria, où se trouve le papa d’Emma.

 

 

 

 

Augustino, lui, vient de Maracaibo, son épouse et sa fille sont à Lima au Pérou.

 

 

 

Augustino a un avis tranché sur le chaos qui frappe son pays et s’en prend aux USA « que ponen mierda en mi pais !»

 

 

 

C’est un moment éphémère, un partage sans contrepartie avec des gens humbles, attachants, et parfaitement lucides sur le naufrage politique et économique de l'Amérique Latine.

 

 

 

 

Et lorsqu’ils évoquent la France, « Francia ! que linda ! », comment ne pas s’interroger sur ces vies déracinées, sur ces parcours en pointillés, sur ces futurs incertains ?

 

 

 

 

De belles rencontres ponctuées de rires et de bonne humeur qui voilent une inquiétude du quotidien.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Marie vient d’avoir un "ticket" avec Emma, c’est le moment de jouer à la dînette…C’est l’heure du maté je suppose !

 

 

 

Demain, un peu plus vers le sud, nous arriverons à Bariloche: 

 

Les montagnes, les lacs, la Patagonie comme on l'imagine!

 

 

 

 

 

 



09/12/2019
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