Le Ranquet en Vadrouille...Carnet de route.

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45, Chili, Valparaiso, vue sur mer et du haut des cimetières

 Chili, Valparaiso, vue sur mer…

 

 

…Et du haut des cimetières.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pablo Neruda aimait Valparaiso.

 

 

 

Il aimait cette ville faite de collines colorées, d’odeurs marines et de quartiers populaires aux façades décrépites.

 

 

 

 

  « Je ressens la fatigue de Santiago.

 

Je veux trouver à Valparaíso une petite maison pour vivre et écrire tranquillement. » 

 

 

 

* ( En fin d'article, actualisation sur Pablo Neruda)

 

 

 

 

 

C’est dans ce désordre de rues emmêlées que le poète trouva dans le cerro Bellavista, le bien nommé, son refuge, haut perché face à l’océan.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

À l’origine, une construction inachevée suite à la disparition prématurée de son propriétaire, Sébastian Collado.

 

 

 

 

 Neruda conserva une tendresse pour l’inspirateur en nommant la maison « La Sebastiana ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

De son bureau, l’écrivain bénéficiait d’une splendide vue sur la ville, le port et l’océan :

 

 

 

« L'océan Pacifique dépassait de la carte !

 

On ne savait où le déposer.

 

Il était tellement grand, désordonné et bleu qu'il n'y avait de place nulle part.

 

 

C'est pour cela qu'ils le laissèrent devant ma fenêtre »

 

 

Pablo Neruda (*)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Non loin de Bellavista, sur le cerro Carcel, les cimetières regardent aussi l’océan :

 

 

 

 

D’un côté, un espace de repos pour les bons chrétiens et plus bas « el cementerio de Disidentes ».

 

 

 

 

 C’est le Bon Dieu qui l’a voulu ainsi, les immigrés européens de confession protestante étaient mis en terre à l’écart.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tout près des cementeros, une belle métamorphose, la reconversion de l’ancienne prison en espace culturel :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Salles de théâtre, espace dédié à la danse et de beaux volumes consacrés aux expositions temporaires qui semblent faire un pied de nez à cet ancien centre de détention de sinistre réputation.

 

 

 

 

 

En ce moment, un bel hommage est rendu à l’artiste français Thierry Defert alias Loco Coiron qui vit à Valparaiso.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Indissociable du port, les cerros de Valpo ont échafaudé leurs réputations à coup de pots de peinture :

 

 

 

Comme un clin d’œil aux marins et à leurs navires, les maisons recouvertes de tôle ont combattu la rouille avec les fonds de pots de peinture destinés aux bateaux.

 

 

 

  Protéger les tôles de la corrosion était nécessaire.

 

 

L’exercice se poursuit d’ailleurs, car les embruns du Pacifique ne renoncent jamais à envelopper Valpo d’une humidité légendaire.

 

 

 

 

Dans ce chaos d’habitations enchevêtrées, sur ces collines lourdement urbanisées, le flâneur, sans vraiment s’en apercevoir, passera sans transition des superbes demeures aux cabanes qui peinent parfois à tenir debout.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le calme des cerros et les couleurs éclatantes de ces reliefs arrondis,

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C’est sûrement cela le charme de « Valpo ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mais si Valparaiso est connue pour ses dizaines de cerros retenant les visiteurs, une agréable promenade mène à Caleta Portales, le port de pêche de la ville, qui vaut le détour.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ici, on pêche majoritairement du merlu.

 

 

 

 Le port compte une soixantaine d’embarcations perpétuant une traditionnelle pêche côtière qui s’inscrit encore dans une activité familiale.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C’est bien sûr le bon moment pour plonger dans un univers populaire et l’occasion sans retenue aucune, de déguster un « retour de pêche », très bon marché (rare au Chili), dans une cantine où les touristes se font attendre! 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Demain nous retournerons dans les cerros arpenter les labyrinthes des rues et escaliers qui ont fait de Valparaiso, un des hauts lieux du « street art » les plus remarquables d’Amérique Latine.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pablo Neruda, actualisation:

 

 

 

Par Paul Gratian, Ouest France,

 

16/02/2023

 

 

 

 

Le poète et homme politique communiste Pablo Neruda est-il bien mort d'un cancer, comme écrit dans le certificat médical, en 1973, à l'âge de 69 ans?

 

Ou s'agit-il d'un assassinat politique, douze jours après le coup d'Etat d'extrême droite du général Pinochet comme le dénonce les communistes chiliens et la famille du lauréat du prix Nobel de littérature?

 

Des médias espagnols et chiliens citent un rapport d'enquête (février 2023) révélé par le neveu du poète laissant penser que les experts sont clairs:

 

Oui, Neruda était malade d'un cancer, mais l'aggravation soudaine de son état de santé et de sa mort sont dues un empoisonnement à la bactérie clostridium botulinum.

 

La responsabilité du régime de Pinochet, qui souhaitait éliminer un potentiel opposant politique, apparaît évidente.

 

Si l'oeuvre de Neruda reste un classique, "le mythe autour de lui s'est pas mal effondré" rappelle Marie-Laure Sara-de La Vaissière, docteure spécialisée en études latino-américaines.

 

En cause, un viol qu'il reconnaît dans son autobiographie posthume "J'avoue que j'ai vécu" publié en 1974.

 

Alors que les manifestations féministes ont été très fortes au Chili ces dernières années, ce mystère autour de sa mort est donc vu avec une certaine distance par beaucoup de chiliens.

 

 

 

 

 



07/03/2020
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